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Parc national d’Andohahela

Les sites du patrimoine mondial naturels à Madagascar


Madagascar a ratifié la Convention du patrimoine mondial en 1981 et possède actuellement 3 sites inscrits sur la Liste du patrimoine mondial, 2 sites naturels (Réserve Naturelle Intégrale du Tsingy de Bemaraha et Forêts Humides de l’Atsinanana) et 1 site culturel (Colline Royale d’Ambohimanga), en plus des monuments classés patrimoine immatériel par l’UNESCO (Art Zafimaniry et Dada Gaby de Voninavoko).



Le Tsingy de Bemaraha

Situé dans la province Mahajanga, région du Melaky, la Réserve Naturelle Intégrale du Tsingy de Bemaraha est le premier site du patrimoine mondial malgache inscrit par l’UNESCO en 1990, sur la base des critères naturels (vii) et (x) définis par la Convention du patrimoine mondial.

(vii) représenter des phénomènes naturels remarquables ou des aires d’une beauté naturelle et d’une importance esthétique exceptionnelles

(x) contenir les habitats naturels les plus représentatifs et les plus importants pour la conservation in situ de la diversité biologique, y compris ceux où survivent des espèces menacées ayant une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de la science ou de la conservation.

Description

D’une superficie de 157.710 ha à l'Ouest de Madagascar, le parc national du Tsingy de Bemaraha est situé sur un  plateau d'altitude modérée de 934 mètres. Le  relief déchiqueté est constitué d'un dépôt de calcaires massifs karstiques à lapiez. Recouvert par la forêt dense et sèche de l'Antsingy, l'érosion de l'eau y a sculpté un réseau serré de profondes crevasses séparées par des lames cannelées et des pointes aiguës : les " Tsingy ". Le climat de type tropical sec présente un contraste marqué entre une saison sèche fraîche et tiède, d'Avril à Octobre, et une saison pluvieuse très chaude de Novembre à Mars. Les précipitations varient entre 1000 et 1500 mm par an et la température moyenne se situe entre 25 et 28°C avec des extrêmes de 9°C en Juillet et de 38°C en Décembre.

La région est essentiellement peuplée de Sakalava, mais on y trouve plusieurs groupes ethniques. L'élevage est la principale activité économique, et la zone est l'un des réservoirs à zébus de Madagascar. Les paysans pratiquent aussi l'aviculture, l'apiculture et la pisciculture, mais l'agriculture est pratiquée par des migrants qui mobilisent les terres des bas fonds et des dépressions pour le riz, le manioc, le maïs, les haricots…


Faune et flore

La diversité des milieux offre une grande quantité de biotopes qui abritent une faune extrêmement riche. On peut observer des mammifères, carnivores, rongeurs et insectivores dans la région. On compte au moins 11 espèces de lémuriens, dont 3 diurnes et 8 nocturnes. Le Sifaka (Propithecus verreauxi deckeni) est le plus grand, et le Tilitilivaha (Microcebus murinus) est le plus petit. Le « Aye-aye », lémurien typique de la partie orientale de l’île, est également recensée à Bemaraha, qui est probablement la seule aire protégée dans l’ouest malgache à compter ce lémurien. 90 espèces d’oiseaux terrestres et aquatiques sont recensées dans la région, entre autres l'aigle pêcheur de Madagascar (endémique), un des rapaces les plus rares au monde, que l’on peut observer à l'entrée des gorges ou sur les lacs. Les reptiles sont également présents dans les Tsingy comptant une cinquantaine d'espèces notamment les Uroplatus et les Brookesia. Les crocodiles du Nil ou Crocodylus niloticus sont abondants dans quelques rivières de l’Antsingy, la Manambolo et surtout dans l’estuaire de la Sahoany.

Le Bemaraha contient une flore originale et la forêt dense sèche possède plusieurs types de formations végétales. On retrouve des formations végétales très sèches sur les dalles et des formations humides dans les canyons et en bordure des cours d’eau. On y trouve 430 espèces végétales dont 85% sont endémiques. La flore de l'Antsingy typiquement tropophyle appartient à la série Dalbergia-commiphora et Hildegardea. Dans la forêt de Tsimembo, un inventaire floristique a permis de dénombrer 261 espèces végétales dont le Hazomalania voyroni avec son bois imputrescible souvent utilisé pour la fabrication de cercueil.


Les Forêts humides de l’Atsinanana

S’étalant sur toute la partie orientale de Madagascar du nord vers le sud, les Forêts Humides de l’Atsinanana sont formées par 6 parcs nationaux faisant partie du réseau national des aires protégées gérées par le PNM – ANGAP (Parcs Nationaux Madagascar – Agence Nationale pour la Gestion des Aires Protégées). Il s’agit des parcs nationaux de Marojejy, Masoala, Zahamena, Ranomafana, Andringitra et Andohahela. Les Forêts Humides de l’Atsinanana ont été inscrites sur la base des critères naturels (ix) et (x) définis par la Convention du patrimoine mondial :
(ix) être des exemples éminemment représentatifs de processus écologiques et biologiques en cours dans l’évolution et le développement des écosystèmes et communautés de plantes et d’animaux terrestres, aquatiques, côtiers et marins.

(x) contenir les habitats naturels les plus représentatifs et les plus importants pour la conservation in situ de la diversité biologique, y compris ceux où survivent des espèces menacées ayant une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de la science ou de la conservation.

Description
Couvrant plus de 490.000 hectares de forêts humides au total, les 6 parcs nationaux formant les Forêts Humides de l’Atsinanana constituent un des ensembles critiques pour la conservation de la biodiversité malgache. Les 6 parcs se répartissent du nord au sud de la marge orientale de Madagascar et couvrent une gamme très diversifiée d’écosystèmes et d’habitats, qui abritent une faune et une flore exceptionnelle. Le socle cristallin de la partie orientale de l’île offre un relief accidenté aux 6 parcs, avec la présence des plus grands massifs de Madagascar (Marojejy et Andringitra) et d’une des plus hautes chaîne de montagnes à Andohahela (Chaînes Anosyennes). Les altitudes varient de 700 à 1400 mètres, avec des points culminants à plus de 2000 mètres dans les massifs. Le climat de type tropical présente des variantes humides et sèches selon les sous écorégions et les variations orographiques locales. En général, les précipitations diminuent du nord vers le sud de l’écorégion ; la partie la plus sèche de l’écorégion présente une pluviométrie annuelle de 1.000 mm  et la partie la plus humide 6.000 mm. Les températures varient de 12°C à 24°C dans toute l’écorégion avec des extrêmes de 0°C dans les zones montagneuses de l’Andringitra en hiver.

Habitats et caractéristiques de la flore et de la faune

L’écorégion de l’Atsinanana est considérée comme la plus riche de Madagascar en termes d’espèces floristiques et faunistiques, avec une tendance de richesse spécifiques dans la partie nord de l’écorégion. La diversité de la flore et la structure des habitats sont fortement liées à la topographie et aux changements de conditions climatiques dans cette partie de l’île. On peut distinguer cinq (5) types d’habitats principaux liés aux Forêts Humides de l’Atsinanana et qu’on retrouve dans les six aires protégées inscrites sur la Liste.

- La forêt littorale qui présente, en général, un taux d’endémisme très marqué surtout au niveau des familles. Dans l’ensemble, le parc national de Masoala est le seul à présenter ce type d’habitat et abrite deux genres endémiques de la forêt littorale : Brochneura et Eliea. Malheureusement, c’est un des habitats les plus menacés de l’île à cause de son accessibilité très facile.

- La forêt humide de basse altitude (0 à 600-800 mètres) est très riche en flore avec la présence marquée des membres de familles endémiques de plantes malgaches. L’habitat est peu représenté dans les six parcs nationaux de l’ensemble inscrit et dans le réseau des aires protégées de l’ANGAP en général.

- La forêt humide de moyenne altitude (800 à 1.800 mètres) est très répandue et très bien représentée dans les forêts de l’ensemble inscrit, malgré quelques incursions de Tavy. Les genres Tambourissa, Weinmania, Ravensara, Octocea  et Canarium sont considérés comme caractéristiques de cet habitat.

- Les forêts humides montagneuses (1.800 à 2.000 mètres) sont plutôt localisées car elles sont naturellement rares. Les meilleurs sites représentatifs sont Marojejy, Andringitra et Andohahela.

- Le fourré de montagne est représenté surtout à Marojejy et Andringitra

Au niveau des familles de plantes, 5 familles sur les 6 qui sont endémiques à Madagascar sont présentes dans les Forêts humides de l’Atsinanana : Asteropeiaceae, Barbeuiaceae, Physenaceae, Sarcolanaceae et Sphaerosepalaceae. Tous les genres de ces familles et plus de la moitié des espèces sont représentés dans les 6 parcs nationaux de l’ensemble inscrit, dont 24 espèces qui sont classées sur la liste rouge de l’UICN.


Le parc national de Marojejy

Dans le nord-est de Madagascar, le Parc national de Marojejy est situé sur le socle cristallin formant la côte orientale de l’île , présentant ainsi un relief très découpé formé essentiellement de roches granitiques. Les sommets de Marojejy atteignent facilement les 2100 mètres d’altitude. L’accès au parc est très sportif et nécessite une certaine endurance de la part du visiteur, mais le paysage exceptionnel est une récompense en soi.

Marojejy est le digne représentant d’une sous écorégion unique à Madagascar, celle des hautes montagnes, et conserve une gamme exceptionnelle de flore et de faune dont la plupart sont uniques au parc et à ses environs. On peut voir entre autre le célèbre Propithecus candidus, lémurien blanc qu’on ne retrouve qu’à Anjanaharibe sud, à proximité de Marojejy, ou encore la plante du mésolithique Tahktajania perrieri qui intéresse particulièrement les botanistes.


Le parc national de Masoala

Ce parc, le plus grand parc national terrestre actuel a la particularité de tomber dans la mer offrant un spectacle magnifique aux visiteurs ("là où la mer rencontre la forêt"). Le complexe du Cap Masoala est composé par un bloc forestier terrestre et des parcelles marines tout autour, offrant une diversité de paysages, d’habitats, de faune et de flore exceptionnelles. Masoala abrite l’une des dernières forêts littorales de Madagascar sinon, la dernière plus grande forêt littorale tropicale malgache.
Le vari roux ou Varecia rubra fait la fierté du parc, avec la plante carnivore endémique Nepenthes masoalensis.  4 des 6 familles endémiques de plantes malgaches sont présentes à Masoala et plus de 27% des fougères malgaches y sont recensées. De Juillet à Septembre, la Réserve Spéciale de Nosy Mangabe, située à proximité du parc permet l’observation des baleines à bosse qui viennent mettre bas dans la région du Cap Masoala.


Le parc national de Zahamena

En remontant vers les Hautes Terres Centrales de Madagascar, un petit détour par Ambatondrazaka vous mènera au parc national de Zahamena, un des parcs les plus riches en termes d’espèces animales à Madagascar. L’accès difficile – uniquement à pied – a permis de sauvegarder des pressions anthropiques l’essentiel de la forêt tropicale humide de basse altitude de Zahamena. Le parc est un site clé pour la protection de 3 lémuriens : le Varecia variegata, le Propithecus diadema et l’Indri indri qui est le plus grand lémurien de Madagascar.


Le parc national de Ranomafana

De la pluie en permanence pendant toute l'année, c’est la caractéristique essentielle de Ranomafana et qui fait de ce parc un des joyaux de la biodiversité des forêts humides malgaches. Sa facilité d’accès a fait de Ranomafana un des parcs les plus visités de la Grande Île et sa faune et sa flore riche et diversifiée font la joie des chercheurs et des scientifiques qui y viennent toute l’année.

Le parc national de Ranomafana assure la conservation de plusieurs espèces de flore et de faune uniques et menacées. Entre autres, les lémuriens Hapalemur aureus, Hapalemur simus, Hapalemur griseus griseus et Propithecus diadema edwardsi qui sont endémiques à la région et que Ranomafana partage avec Andringitra. Ranomafana possède également un mammifère aquatique qui est inconnu dans les autres parcs de l’ensemble des Forêts Humides de l’Atsinanana : le Limnogale mergulus, espèce rare et menacée.


Le parc national Andringitra

Possédant le deuxième plus haut sommet accessible de Madagascar – le Pic Boby qui culmine à 2658 mètres d’altitude – le parc national d’Andringitra est situé sur l’un des massifs granitiques les plus imposants de la Grande Île et abrite les formations rocheuses les plus vieilles de Madagascar. Pendant la saison chaude, les montagnes offrent un spectacle magnifique lorsque la prairie de montagne est recouverte par les champs de fleurs sauvages.                        
Avec le parc national de Ranomafana, il protège trois lémuriens menacés, mais aussi un lémurien très rare qu’on ne trouve que dans la partie sud-est de Madagascar : l’Eulemur albocollaris. Plus de mille espèces de plantes vasculaires dont 80% sont endémiques à Madagascar, une centaine d’espèces d’orchidées inventoriées à Andringitra feront la joie des botanistes ou des simples amoureux des plantes.


Le parc national d’Andohahela

Site quasiment unique à Madagascar, Andohahela abrite en lui seul trois types d’écosystèmes qui sont séparés uniquement par quelques kilomètres : la forêt humide de l’est, la forêt sèche du sud et la forêt de transition. Même si la forêt humide seule a été inscrite sur la Liste du patrimoine mondial, Andohahela mérite qu’on la visite en intégralité. La variation d’écosystèmes du nord vers le sud du parc en a fait un réservoir unique et riche de faune et de flore atypique.
Quatre espèces de lémuriens sont uniques au parc : Microcebus murinus, Phaner furcifer, Propithecus verreauxi verreauxi et Hapalemur meridionalis, 5 espèces de Didieraceae (famille endémique malgache de plante) parmi les 11 inventoriées à Madagascar, sont présentes dans le parc et en fait sa fierté. On peut également voir pas moins de 87 espèces d’oiseaux dont le Newtonia fanovanae est connu uniquement à Andohahela. Les différents circuits touristiques aménagés dans le parc vous permettront de voir plus en détail une faune et une flore extraordinaire qui ne vous décevront pas.
 
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